Entre le plateau de Berthaucourt et les quais de la Meuse, Charleville-Mézières présente un dénivelé qui surprend plus d'un constructeur. Les terrains en pente douce vers Manchester ne réagissent pas du tout comme les parcelles argileuses de Mohon, et c'est là que la conception de murs de soutènement devient un vrai cas d'école. Quand on projette un aménagement sur ces coteaux, la stabilité ne se devine pas : elle se calcule, avec une reconnaissance précise des couches sous-jacentes. Une étude par essai pressiométrique en fond de fouille donne déjà une bonne idée de la portance, mais c'est le croisement avec la topographie et la nature du remblai qui permet de trancher entre un voile en béton armé, un mur poids ou une paroi clouée. Le sous-sol ardennais, avec ses alternances de schistes et de limons, réserve parfois des passages altérés qui modifient complètement les hypothèses de poussée des terres. Nos calculs intègrent ces variabilités pour que l'ouvrage tienne dans la durée, sans reprise.
Sur les marnes de Charleville-Mézières, un mur bien conçu ne vaut que par le sol qui le porte : la moitié des pathologies viennent d'une sous-estimation de la poussée hydraulique en période de crue.
